Au China, les Princes des Villes rendent hommage à Michel Berger

Publié le 2 mars 2016 à 13:11

Depuis quelques mois avec le succès de la comédie musicale « Résiste », l’étoile du Berger se fait bien visible parmi l’ensemble des constellations musicales françaises. Alors que le spectacle événement de France Gall et Bruck Dawit fait salle comble, quatre autres talentueux musiciens ont, eux aussi, retroussé leurs manches pour rendre hommage à l’artiste disparu il y a plus de vingt ans. Tous les mois et jusqu’en juin 2016, c’est au club-concert Le China (11e arrondissement) que les Princes des Villes assurent un show électrique et moderne, face à un public conquis.

Au rythme des guitares des rock’n’roll stars, les Princes des Villes que sont Jérôme Kério (chanteur/pianiste), Julien Botas (batteur), Simon Strauss (guitariste) et Florent Gaya (bassiste) se réunissent à l’été 2015 autour d’une envie commune : réhabiliter sur scène les plus grands succès de Michel Berger.

C’est à la lumière des bougies du restaurant le China que ces quatre musiciens délivrent un tribute heureux et détonnant à la discographie pétillante de l’ancien chef de file des yéyés. Autour d’un verre, entre amis ou en famille, le public se prête rapidement au jeu des reprises, dans une ambiance tamisée et conviviale.

De ses premiers succès au début des années 80 – La Groupie du pianiste, Quelques mots d’amour, Celui qui chante – à l’aventure « Starmania » – Le monde est stone – en passant par la période France Gall et le second opéra-rock « La Légende de Jimmy » – Résiste, Il jouait du piano debout, Musique – jusqu’à son dernier succès solo en 1990 avec Paradis Blanc, les Princes des Villes rendent un hommage vibrant, d’une énergie communicative, à certains des plus grands standards de la chanson française. D’autres morceaux, moins connus du grand public, sont également interprétés sur scène.

Grand fan de Michel Berger depuis l’enfance, le musicien et chanteur Jérôme Kério, également animateur de la matinale sur OÜI FM, monte le spectacle « Au cœur de Michel Berger » à l’été 2015 au côté de Grégoire Colard, ami et ancien attaché de presse de Michel Berger et France Gall. Pour Collector Radio, il revient sur la genèse de ce spectacle-concert qu’il souhaite à la fois moderne et fidèle à l’œuvre du prolifique artiste.

À quand remonte cette passion pour Michel Berger ?

Je m’y suis intéressé dès l’âge de 13-14 ans. J’ai commencé le piano classique dès l’âge de 4-5 ans. Le jour où j’ai découvert cet artiste, j’ai arrêté les cours et je me suis mis à faire du Berger et à apprendre à faire de la musique avec ses harmonies, ses accords et sa façon de jouer. Indéniablement, il m’a beaucoup inspiré dans tout ce que je fais aujourd’hui. C’est grâce à Berger si, à un moment donné, j’ai voulu me lancer dans la musique.

Puis un jour, tu décides de lui rendre hommage sur scène…

J’ai monté un premier hommage à Michel Berger à 15 ou 16 ans avec mon frère et d’autres musiciens à Poitiers. En raison de ce premier succès, je me suis toujours dit que je ferai quelque chose à Paris.

Après un premier essai à Poitiers, c’est à Paris que ton projet se concrétise sous l’impulsion de Grégoire Colard. À quel point cette rencontre fut déterminante pour les futurs Princes des Villes ?

Lorsque j’ai rencontré Grégoire Colard , qui était l’attaché de presse de Berger pendant près d’une vingtaine d’années, j’avais déjà en tête l’idée de monter un petit projet en hommage à Berger. Je lui en ai parlé, il a été emballé par le sujet. De nombreux artistes l’ont approché pour recevoir ses conseils, puis finalement un jour ça a été moi. Il est venu voir ce que ça donnait à une répétition, puis nous a proposé de nous rejoindre sur scène.

Avec Grégoire Colard en compteur d’anecdotes, c’est au Théâtre de Dix Heures que vous débutez, aux côtés de Fabienne Thibeault et Luc Plamandon, respectivement chanteuse et co-auteur de l’opéra rock Starmania.

On a débuté avec « Au cœur de Michel Berger ». On a fait toute une résidence au Théâtre de Dix Heures en juin pour tester le concert et le spectacle. On a conçu le spectacle aussi autour de lui, avec toute une mise en scène, des images d’archives et vidéos. Il intervenait pour nous raconter des histoires de Berger avec Véronique Sanson, France Gall. À chaque fois on en apprenait des vertes et des pas mûres.

Au delà du spectacle, il y aussi le concert des Princes des Villes au restaurant le China, tous les mois jusqu’en juin 2016.

J’ai rencontré des professionnels, des musiciens qui suivent des artistes de variété française : le bassiste Florent Gayard puis Julien Botas à la batterie. On a démarré en trio, puis le guitariste Simon Strauss nous a rejoint, avec toute une programmation de 16 à 18 des plus gros succès de Michel Berger, avec peut-être deux ou trois autres moins connus du grand public. On a débuté dans les bars puis au vue de l’engouement des gens on s’est dit qu’on allait voir plus loin. On a fait quelques salles sympas en province, à Rouen et Lyon notamment. On prévoit une bonne trentaine de dates d’ici mars 2017. Le 21 juin, on fêtera la musique au China. On se concentre beaucoup sur la musique avant de fignoler le spectacle. Même s’il il était prêt en septembre dernier quand on a débuté, on fait évoluer les arrangements.

Qu’est-ce qui, selon toi, vous démarque des autres tributes?

Il y a ce truc en plus qui fait qu’on se sent quand même en 2016. Dans les sons, la façon de groover les accords, nos comportements sur scène. Il y a beaucoup d’arrangements kitch avec Berger dans les années 80. Une chanson comme Chanter Pour Ceux par exemple, les sons n’existent plus aujourd’hui, on ne peut plus les entendre. On fait nos arrangements, parfois on change les accords mais sans modifier la grille, ce qui serait scandaleux. Berger ne vieillit pas quand tu le joues à ta manière. Ceux qui sont fans de Berger prennent du plaisir, même si on change les arrangements. On fait en sorte qu’ils ressentent qu’on est des grands fans de Berger avant tout.

Comment choisissez-vous les chansons que vous interprétez sur scène ?

On essaie toujours de raconter une histoire. Sans suivre l’ordre chronologique, parce ce que ce serait facile et pesant pour les gens, il y a toujours une histoire en rapport avec l’actualité de la chanson.

Une chanson, un album fétiche ?

Je pense que ma chanson préférée date de 1972, les premières années de Berger et pour autant j’ai beaucoup écouté Double Jeu, le dernier album de France Gall et Berger en 1992. C’est compliqué d’en choisir un en particulier. Au niveau du groove et du son, je pencherais pour la période 72 à 76. À l’époque il ne marchait pas. Les chansons que je préfère ne sont pas connues. On ne les joue pas beaucoup sur scène, même si on essaie quand même d’en interpréter deux ou trois comme Jamais partir ou encore Mon piano Danse, que j’aime beaucoup et qu’on se permet de jouer si l’ambiance et en rendez-vous. Ce qui est souvent le cas !

20 ans après sa disparition, comment expliques-tu que Michel Berger attire encore les foules, et en particulier la jeune génération ?

J’ai l’impression que tout le monde à un petit peu d’affection pour cet artiste. À chaque concert, on se rend compte qu’au final les gens connaissent les chansons, chantent et dansent car Berger parle à tout le monde. Je ne connais personne qui n’aime pas Le Paradis Blanc ou La Groupie du Pianiste. Musicalement c’est au delà de la variété française, ça groove, c’est énergique. Il y a beaucoup de jeunes qui nous suivent. Certains reviennent pour la quatrième ou cinquième fois. À chaque fois on reprogramme des dates. Quand tu placardes Michel Berger sur une affiche, les gens rentrent. 

Les Princes des Villes seront au club-concert Le China le 11 mars prochain.

Pour plus d’informationshttps://www.facebook.com/lesprincesdesvilles/?fref=ts

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