Schnock : « La revue des Vieux de 27 à 87 ans »

Publié le 30 mars 2016 à 11:45

Pour son 18e numéro, la grand-messe de « Schnock » se révèle être une Grande Bouffe, celle de Philippe Noiret. Publiée aux éditions La Tengo, la revue trimestrielle créée en mai 2011 dépoussière la culture populaire des « Vieux de 27 à 87 ans » avec passion, humour et sans langue de bois. On en parle avec son co-rédacteur en chef, l’auteur-compositeur et interprète Christophe Ernault (alias Alister), également co-animateur de l’émission « Bleu, Blanc, Schnock » avec Mathieu Alterman sur OÜI FM.

Alors que les marches semblent de plus en plus difficiles à gravir qu’autrefois, certains préféreront adopter la vieille rengaine du « c’était mieux avant », afin d’échapper au climat anxiogène ambiant. Une posture jugée rétrograde par Alister : « Je ne dis pas que c’était mieux avant. Il y avait autant de cons en 1969 qu’aujourd’hui ». Nous voilà « rassurés ».

Il n’est pas rare non plus de voir, qu’à l’heure de la dématérialisation, certains irréductibles gaulois résistent encore et toujours à l’envahisseur à grands coups de 45 tours, prônant davantage la culture du papier à celle de l’écran : « Il faut défendre le papier au moment où toute l’industrie culturelle risque de disparaître à force de dématérialisation et de gratuit » estime Alister, convaincu que « rien ne remplacera le plaisir de lire un livre. C’est un objet éternel ».

Vieux schnocks mais certainement pas vieux cons, Christophe Ernault lance la revue Schnock au printemps 2010 aux côtés de Laurence Rémila, rédacteur en chef du magazine Technikart. « No future mais No Stalgie » tel est le credo de Schnock ainsi résumé par Alister, crée dans le but « de traiter de sujets que certains estimaient ringards ou dépassés de façon journalistique mais légère ».

La collection Schnock jouit d’une belle réputation, soignée par les médias qui ne cessent de vanter ses mérites à chaque nouvelle publication, qui se vend en moyenne entre 9 et 10 000 exemplaires. « Mon mook préféré, il s’appelle Schnock » a déclaré Augustin Trapenard au Grand Journal de Canal +. Au micro d’Europe 1, c’est au tour de Natacha Polony de mentionner « Schnock » dans sa revue de presse : « Dans cette actualité morose, la revue Schnock va nous sauver ». Pour Eric Neuhoff du Figaro Magazine, « On ne fait pas plus classe ». Excusez du peu.

C’est un appel aux souvenirs que lance Schnock à ses lecteurs, armé de références et de répliques désormais cultes. Maîtrisant parfaitement son sujet, la revue se veut le reflet des modes passées, le modeste gardien du temple de la culture populaire des « Vieux de 27 à 87 ans ». À travers les personnages charismatiques qui l’ont incarné, Schnock passe au peigne fin le spectre musical, audiovisuel et cinématographique français des années 1959 à 1979 :

« On essaie de choisir des figures emblématiques, avec une préférence pour les éclectiques qui ont touché à plusieurs disciplines : cinéma, chanson, littérature, télé, bd.. ».

À ces grosses têtes qui ont marqué la culture française – stagnant parfois dans les profondeurs de l’oubli – Schnock leur dédie l’intégralité de son œuvre. « On ira pas au-delà de 1990 », précise Alister. Breaking Bad n’a donc aucune chance de détrôner les Brigades du Tigre dans les pages de Schnock.

Les personnages évoqués n’étant parfois plus de ce monde pour pouvoir témoigner, Alister et son équipe veillent tout de même à ne pas faire de Schnock une « revue nécrologique » : « Je fais attention sachant qu’on est entré dans une époque où ça va « RIPer » à tout va. On prend soin de ne jamais être trop dégoulinant, même quand on parle des disparus ».

Pour célébrer sa majorité, l’impétueuse revue dévoile ce mois-ci un numéro spécial Philippe Noiret, qui succède à Choron & Cavanna de décembre dernier. Un choix évident pour Alister, admiratif de la polyvalence de ce gentleman discret, disparu en 2006 :

« Noiret a été l’incarnation de l’acteur français, comme a pu l’être Jean Gabin. Il pouvait jouer autant des drames (La vie et rien d’autre) que des comédies (Les Ripoux), autant faire le bon gars (Cinéma Paradiso) que le salaud (Masques) ».

De Zazie dans le métro à la trilogie des Ripoux en passant par Coup de Torchon, l’ami fidèle de Jean Rochefort et de Jean Pierre Marielle – à qui Schnock dédie sa première couverture en mai 2010 – a véritablement marqué l’histoire du cinéma français des années 70-80. Acteur, homme de théâtre et écrivain, ce 18e numéro est truffé d’anecdotes, de témoignages d’amis et collaborateurs, d’archives minutieusement déballées des cartons. Une enquête documentée, écrite en collaboration avec le réalisateur et ami de l’acteur Bertrand Tavernier, avec qui Noiret tourna certains des plus grands films de sa carrière, parmi lesquels L’horloger de Saint Paul (1974) ou encore La vie et rien d’autre (1986).

Également au menu de ce 18e numéro, un top 15 grisant des meilleures insultes Schnock par Alister. De « gourgandine » à « glandu » en passant par « branquignole», voilà de quoi enrichir votre répertoire de petits mots tendres et scabreux. Si l’on ne sait toujours pas pourquoi l’homme-bouteille est aussi méchant, Bastien Landru retrace l’épopée pulpeuse de la pub Orangina, ancrée dans les mémoires collectives. Dans le reste du programme, le journaliste et scénariste Laurent Chalumeau dévoile son « Delpech is Delpech », un portrait élégant et corrosif du chanteur disparu en janvier dernier. Si vous regrettez les enquêtes des inspecteurs Bouillon, Maguelon et Tribout, vous n’êtes pas seuls, Stéphane Legras et Patricia Piquet vous offre « la Rugissante histoire des Brigades du Tigre ». Autant de sujets, d’enquêtes diverses et variées, exposés dans le cabinet de curiosités de « Schnock ».

Vieux griboux et jeunes minots apprécieront sans doute de découvrir ce grimoire des temps modernes que l’on prend plaisir à conserver dans sa bibliothèque. La collection « Schnock » offre un bon compromis où tout le monde peut espérer trouver chaussure à son pied, des Stan Smith du petit-fils aux charentaises du grand-père : « Y a des jeunes qui sont vieux très jeunes. Y’a des vieux qui sont jeunes très vieux. Tout le monde peut lire « Schnock » conclut Alister.

Après Brigitte Bardot, Miou Miou et Amanda Lear, le sexe fort sera une nouvelle fois en couverture du 19e numéro de Schnock. Pour connaître l’identité de cette femme mystère, rendez-vous en kiosque en juin prochain.

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